Samedi 4 juillet 2026, des rassemblements auront lieu partout dans l’Hexagone pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles. Ce jour-là à Toulon, la Coalition féministe et enfantiste * de l’aire toulonnaise appelle à se rassembler à 10 h devant le Palais de Justice.

Liste des organisations locales et départementales qui se sont jointes à l’appel :
AFL Transition, ATTAC 83, Collectif Droits des Femmes et LGBTQIA+, Collectif des Fiertés Toulon, Collectif enfantiste 83, FSU Var, La Collective RAJE, LDH Toulon Métropole, LFI 83, Les Écologistes varois, Le Partit Occitan du pays toulonnais, Mouvement de la Paix La Seyne, PCF Var, PS Var, Place Publique Var, Planning Familial Varois, Solidaires 83, UCL, UD CGT Var.
Extrait de la prise de parole qui sera faite lors du rassemblement :
Nous sommes déterminé·es à en finir enfin avec les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, aux enfants et aux minorités de genre. Nous sommes là en soutien à toutes les victimes, enfants comme adultes, à celles qui ont survécu, et en hommage à celles qui ne sont plus parmi nous. Depuis début juin, un mouvement sans précédent traverse notre pays, place Vendôme à Paris, devant les tribunaux et les préfectures, pour qu’enfin de véritables transformations aient lieu. Face à l’accumulation des affaires de violences sexistes et sexuelles qui touchent les enfants et les femmes, les citoyennes et les citoyens demandent des actes en urgence. L’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna est immense. Elle est légitime. Elle dit quelque chose de profond : notre société ne supporte plus que les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants soient minimisées, invisibilisées ou traitées comme de simples faits divers. Mais cette émotion ouvre également une bataille politique. Une bataille sur les causes des violences, sur les réponses à apporter et sur le projet de société que nous voulons construire. Aujourd’hui l’extrême droite tente de se présenter comme la protectrice des enfants victimes de violences sexistes et sexuelles. Cette posture est une imposture. On ne peut pas combattre réellement la pédocriminalité sans combattre les systèmes de domination qui la rendent possible. On ne peut pas lutter contre l’inceste sans interroger les rapports de pouvoir qui traversent la famille, les institutions, les relations entre adultes et enfants, entre hommes et femmes. On ne peut pas penser la pédocriminalité sans penser le patriarcat. Les travaux de la CIIVISE, commission Indépendante sur l’inceste et les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants, ont confirmé ce que les associations féministes, les associations de protection de l’enfance et de nombreuses chercheuses dénoncent depuis des décennies : les violences sexuelles contre les enfants sont majoritairement commises dans le cercle familial ou par des personnes de confiance (CIIVISE, rapport final 2023). Cette réalité dérange profondément les réactionnaires et les conservateurs car elle détruit leur récit politique. La menace principale ne vient pas d’un ennemi extérieur fantasmé. Elle se trouve d’abord au sein même des structures sociales que l’extrême droite et la droite conservatrice prétendent défendre : la famille patriarcale lorsqu’elle devient un espace d’impunité, l’autorité incontestée des adultes sur les enfants, le silence imposé aux victimes, la préservation de l’ordre familial au détriment de la vérité. L’extrême droite et la droite conservatrice réclament davantage de répression : perpétuité réelle, castration chimique, parfois même le retour à la peine de mort. Cette obsession punitive permet d’éviter les questions essentielles : Pourquoi la parole des enfants continue-t-elle d’être ignorée? Pourquoi les signalements ne sont-ils pas suivis d’effets ? Pourquoi les services publics de protection de l’enfance sont-ils à ce point fragilisés ? Pourquoi les associations manquent-elles de moyens ? Pourquoi les victimes doivent-elles encore attendre des années avant d’être entendues? Pourquoi les violences sexistes et sexuelles touchent-elles massivement les femmes et les enfants ? Pourquoi les rapports de domination masculine demeurent-ils aussi puissants ? L’extrême droite et la droite conservatrice ne répondent pas à ces questions parce qu’elles refusent de remettre en cause les structures sociales qui produisent ces violences. Les mobilisations féministes ne demandent ni des condamnations automatiques, ni une justice rendue sous la pression de la rue. Elles demandent que l’État de droit protège effectivement les femmes et les enfants victimes de violences. Se rassembler devant les tribunaux, ce n’est pas contester la justice. C’est rappeler collectivement que l’accès à la justice, l’égalité devant la loi et la protection des victimes sont des principes fondamentaux de notre démocratie. Reconnaître que la justice est traversée par des biais sexistes ne revient pas à la délégitimer. Comme toutes les institutions, elle n’est pas extérieure aux rapports sociaux qui structurent la société. […]

