Les chemins de la liberté

Sur la photo que j’ai prise aujourd’hui lors d’une randonnée près de Banuyls (Pyrénées-Orientales), un panneau « impasse » côtoie un autre panneau annonçant quant à lui la direction d’un « chemin de la liberté » *. Un hasard qui, en ce temps de restriction des libertés, résonne bizarrement…

chemin-de-la-liberté

* Il y a une trentaine de « chemins de la liberté » dans les Pyrénées-Orientales. Ils ont pour but de rappeler aux randonneur·euse·s qui parcourent les chemins frontaliers de ce département que les sentiers sur lesquels ils/elles marchent n’ont pas toujours été des voies de plaisir et de découverte. Il fut un temps de 1940 à 1945 aux heures sombres de la guerre où ils furent des chemins d’espoir, de liberté et de fuite face à l’occupant nazi (juifs, résistants, réfractaires au STO, passeurs des villages frontaliers, pilotes alliés abattus au-dessus de la France…).

Commentaire de mon camarade Gregor Taarov :

Il y a une randonnée annuelle – il me semble – qui arpente en collectif un bout d’itinéraire régulièrement emprunté par des évadé-e-s des deux côtés de la frontière. Dans le Couserans (Ariège), en particulier, il y a pas mal de mémoire autour de cela et si t’as l’occasion je te recommande de cheminer par les ports frontaliers situés au-dessus de bleds qui se trouvent pas loin de St Girons : en démarrant d’Aulus, Ustou ou encore Sentein, tu peux rejoindre la crête frontalière (au milieu des vautours fauves et peut-être des ours). Par Sentein, par exemple, tu côtoies également des vestiges d’exploitations minières qui existaient sur les deux versants frontaliers, il y a les mines de Bentaillou entre autres qui se trouvent dessous un port frontalier et c’est aussi un haut lieu de la spéléologie. Cet aspect historique des chemins pyrénéens est en tout cas méconnu. Je lisais une fois le témoignage d’un exilé espagnol qui comparait les Pyrénées à un enfer, il n’y est jamais retourné tant son périple l’avait marqué et écœuré. Dans les Alpes, il y avait aussi les chemins d’exil avec de rudes cols (pendant les guerres, le fascisme ou encore après puisque par exemple il y a même eu des italiens qui ont franchi les Alpes avant de venir travailler dans les mines de ch’Nord, certains sont morts en route). Là encore l’aspect loisir de nos cheminements n’a pas forcément en mémoire cet aspect. De nos jours, du côté de la magnifique vallée de la Roya (Alpes du sud), il y a des réfugiés qui meurent sur les chemins, pourchassés par les polices ou expulsés dès lors qu’ils sont parvenus à sortir vivants du périple (on condamne même les personnes solidaires du coin – cf. Cédric Herrou).

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