Rencontre toponymique autour de l’Ouest varois le 13 février à La Seyne-sur-Mer

Vendredi 13 février 2026 à La Seyne-sur-Mer, l’Université du temps libre organise une rencontre toponymique autour de l’Ouest varois avec Gérard Tautil*. Rendez-vous à 17 h à la Médiathèque Andrée Chedid, 38 avenue Louis Pergaud. Entrée gratuite mais nécessité de réserver sa place par téléphone (04 94 06 93 65 ou 04 94 06 92 91).

Cette rencontre intitulée « De La Sanha a Signa – De La Seyne à Signes » est consacrée à une introduction aux noms de lieux de nos communes. La toponymie, partie des sciences humaines, s’est développée depuis le XIXe siècle et la recherche en Provence, comme dans l’ensemble des pays occitans, a progressé. Pourtant, l’observation de la signalétique et la lecture des cartes officielles sont encore loin d’une véritable appropriation culturelle capable de faire comprendre aux habitants le sens véritable des noms de lieux côtoyés au quotidien.

Car ce cheminement est difficile, il demande un retour aux langues qui ont précédé l’usage exclusif de la langue officielle. Les linguistes rendent compte des contradictions rencontrées et des faux amis qui résultent d’une diglossie omniprésente (domination d’une langue par une autre): Forêt de Janas, qui n’est peut-être que le patronyme Jan avec un augmentatif às (à La Seyne et dans l’Estérel) ; Les Roches Rouges au 20e s. pour Bau rouge (La Seyne, 1793) ; Puits de Fam pour defens à Signes (terrain communautaire sans rapport avec la faim ! 19e s.). La sambla (bas-latin sambula) est un trou d’eau que les équipes Cassini ont transformé en « Siou blan (c) » au 18e s. (Signes, Montauroux, Var, La Gaude, A-M) ! Et ça continue…

Mais ces incompréhensions linguistiques et ce nivellement rencontrés dans six autres territoires de France reposent sur des langues ethniques historiques. Si les Romains ont fortement influencé la toponymie provençale, ils ont été, malgré eux, les passeurs de racines beaucoup plus anciennes qui remontent à la préhistoire, à l’origine des oronymes (rocher) et hydronymes (eau). L’apport des Ligures en Provence (-1000 ans) est déterminant : les suffixes -asc, -esc, -osc, -enco (Vennasca, Peiresc, Magagnosc, Sanhenc) se retrouvent dans les noms de lieux et patronymes (B-d-R, Var, Vaucluse, H-A et A-M). Livre ouvert, la toponymie témoigne de l’existence de langues anciennes à défaut d’archives écrites toujours disponibles.

C’est donc au partage et à l’échange que Gérard Tautil nous invite pour une meilleure connaissance de nos lieux de vie.

* Gérard Tautil, professeur honoraire au Lycée Beaussier de La Seyne-sur-Mer (1969-1998), a enseigné la philosophie et l’occitan dans sa forme provençale. Il est l’auteur de nombreux livres et articles dans les domaines linguistiques, culturels, sociétaux, politiques. Il a participé à la commission municipale seynoise de signalétique qui a rétabli l’origine provençale des noms de lieux et de rues. Il contribue aujourd’hui à la recherche toponymique (Var, Estérel, Cévenne…) et s’efforce de rendre compte d’une connaissance scientifique en toponymie sur des territoires remarquables trop longtemps malmenés par l’histoire et la cartographie officielles.

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