Journée internationale des droits des femmes le 8 mars 2024 à Toulon

8 mars - égalité HFRendez-vous organisés le vendredi 8 mars 2024 à Toulon à l’initiative du collectif Droits des femmes et LGBTQIA+ dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes :

17 h 30 – Place de la Liberté : prise de parole et animations puis manif vers la place de l’Opéra (où une nouvelle prise de parole et de nouvelles animations auront lieu)

20 h 30 – Cinéma Le Royal : soirée-rencontre autour du film Il reste encore demain

I – Affiche réalisée par le collectif

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II – Visuels réalisés par mes soins pour la manifestation

III – Communiqué du collectif

8 MARS 2024 : S’ATTAQUER AUX RACINES DU SEXISME !

Comme chaque année, à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le Collectif* Droits des Femmes et LGBTQIA+ se mobilise.

Dans son rapport annuel, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes alerte sur le risque de régression des droits des femmes : « Famille, école et numérique sont les trois incubateurs qui inoculent le sexisme aux enfants dès le plus jeune âge ».

Quelques chiffres :

  • dans la famille, deux tiers des femmes estiment avoir été éduquées différemment des garçons ;
  • l’école reproduit ces schémas avec des conséquences directes sur l’orientation : 74 % des femmes n’ont jamais envisagé de carrière dans les domaines techniques ou scientifiques ;
  • sur les réseaux sociaux, 75 % des femmes estiment ne pas être traitées à égalité ; sur Instagram 68 % des vidéos véhiculent des stéréotypes assignant les femmes à la maternité ;
  • les vidéos pornographiques diffusent des contenus misogynes et violents que 64 % des hommes de 25-34 ans imitent dans leurs relations sexuelles.

L’éducation à l’égalité prévue par la loi n’est toujours pas assurée : deux tiers des personnes interrogées n’ont jamais suivi de séance d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, au mépris de la loi de 2001.

Le sexisme gagne du terrain : 37 % des hommes considèrent que le féminisme menace leur place. Plus d’un homme sur 5 parmi les 25-34 ans considère normal d’avoir un salaire supérieur à sa collègue à poste égal et compétences égales. 70 % des hommes pensent encore qu’un homme doit avoir la responsabilité financière de sa famille.

Ce sexisme ambiant a des conséquences fortes sur le quotidien des femmes : 9 femmes sur 10 déclarent avoir personnellement subi une situation sexiste.

Un quart des hommes de 25-34 ans pense qu’il faut parfois être violent pour se faire respecter.

Le 8 mars nous porterons nos revendications féministes :

  • égalité salariale et de carrière ;
  • égalité dans nos vies : lutte contre l’exploitation domestique et le travail invisible ;
  • inscription du droit à l’IVG dans la Constitution ;
  • des moyens pour la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ;
  • l’application de la loi de 2001 sur l’éducation à la vie affective et sexuelle dans l’Éducation nationale.

FAISONS DU SEXISME DE L’HISTOIRE ANCIENNE !

* Le collectif regroupe plusieurs organisations (Planning Familial Varois, SOS Homophobie, Trans-mission, Ligue des Droits de l’Homme, Attac, UCL, Lycéennes et enragées) et des organisations syndicales (CGT, FSU, Solidaires).

IV – Appel intersyndical et national à la grève

FSU, CGT, Solidaires, UNSA, CFDT appellent à se mobiliser y compris par la grève le 8 mars 2024. Portons haut les couleurs de l’égalité entre les femmes et les hommes pour revendiquer une société de progrès et de justice.

Malgré les effets d’annonces gouvernementales de faire de la cause des femmes la grande cause du quinquennat, les inégalités persistent dans le travail, dans les foyers et dans la société. Les inégalités salariales et de carrières ne diminuent pas ou très peu. Les femmes perçoivent 1/4 de salaire de moins que les hommes et à la retraite l’écart des pensions se creuse à hauteur de 40 %. C’est comme si les femmes s’arrêtaient de travailler tous les jours à 15 h 40. Elles sont 58 % à être payées au SMIC et y restent plus longtemps.

Alors qu’elles sont plus diplômées que les hommes, elles ne sont que 39 % à occuper des emplois de cadre. Les métiers à prédominance féminine sont dévalorisés et mal rémunérés. L’index dit « Pénicaud » doit être amélioré et cet outil ne doit pas remplacer les accords et les plans d’action dans les entreprises. Ses trop bonnes notes ne reflètent pas la réalité des inégalités salariales que subissent les femmes alors même qu’il ne concerne que 1 % des entreprises et que seules 0,5 % ont des index calculables.

Assignées à leur rôle de mère, elles occupent 80 % des emplois à temps partiel et 95 % des congés parentaux sont pris par les femmes. Le poids de la parentalité, incluant la double journée et la charge mentale, pénalise exclusivement la carrière des mères, accentuant encore les inégalités salariales. Tout est à craindre concernant l’émancipation des femmes, lorsque le président parle de « réarmement démographique » alors que les conditions de travail et de vie des femmes sont l’impensé des politiques publiques. Il manque plus d’un million d’emplois dans les métiers du soin et du lien et plus de 200 000 places dans la petite enfance.

Les discours masculinistes se renforcent dans la sphère publique, prônant un retour aux « vraies valeurs » et à un sexisme décomplexé. Le Haut Conseil à l’Égalité, dans son rapport annuel, fait le constat que le sexisme s’aggrave d’année en année. Les moyens alloués à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles sont très en deçà des besoins, 80 % des plaintes sont classées sans suite, et le gouvernement français refuse d’inclure la notion de consentement et le viol * dans la directive européenne contre les violences faites aux femmes. De la même manière qu’il refuse d’appliquer au-delà du droit constant la convention 190 et à plein la recommandation 206 de l’organisation internationale du travail pour lutter contre la violence et le harcèlement au travail.

* Note de l’administrateur du site : Ce qu’a refusé le gouvernement français, c’est le fait d’inclure la notion de consentement dans une tentative de définition européenne du viol. Ce refus (ainsi que l’opposition de plusieurs pays) a eu pour conséquence d’impossibilité pour l’UE d’adopter une définition commune de ce crime.

Pour toutes ces raisons, nous devons faire du 8 mars 2024 une puissante journée de grève et mobilisation partout pour :

  • l’égalité salariale et de carrière entre les femmes et les hommes,
  • la revalorisation des métiers à prédominance féminine,
  • des services publics de qualité répondant aux besoins notamment dans la petite enfance,
  • des moyens pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Ne laissons pas passer les discours passéistes, sexistes, masculinistes. Nous ne voulons plus de promesses, nous voulons des actes. Le 8 mars, toutes et tous en grève !

V – Vidéo de l’Union syndicale Solidaires

VI – Chanson de Gaston Beltrame contre la phallocratie

> En savoir plus sur la mobilisation du 8 mars 2024 sur le plan national

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