Journée nationale de la Résistance

Mercredi 27 mai aura lieu la Journée nationale de la Résistance, l’occasion de rappeler que contrairement à ce qui est affirmé souvent par beaucoup d’associations mémorielles et/ou d’anciens combattants, tous les résistants et toutes les résistantes n’ont pas combattu pour des raisons patriotiques. En effet, rappelons qu’une grande partie des résistant·es étaient des militant·es internationalistes qui considéraient que « les travailleurs n’ont pas de patrie » (vieille et célèbre formule du mouvement ouvrier à laquelle ils/elles souscrivaient pleinement). Citoyens et citoyennes du monde, ennemis du nazisme, du fascisme et du nationalisme (quel que soit l’endroit où ces idéologies menacent la démocratie), révolutionnaires en lutte contre tout ce qui opprime et exploite les peuples… ils/elles étaient animé·es par des valeurs anti-capitalistes, anti-autoritaires et universalistes très éloignées de ce que les cérémonies officielles mettent généralement en valeur, parfois même à coups de « sang impur » abreuvant « nos sillons » comme le clame une certaine chanson.

Remarques à propos de la photo figurant en haut à droite de cet article :

Cette photo a été prise au camp de concentration et d’internement du Vernet en Ariège. Les mots (« À la mémoire des combattants antifascistes connus et inconnus morts pour la liberté des peuples ») qui sont gravés sur la plaque tranchent avec ceux qu’ont peut lire sur beaucoup de monuments aux morts à travers l’Hexagone.

Concernant le camp du Vernet, profitons de cet article pour signaler que l’État français l’a utilisé en février 1939 pour interner les républicains espagnols fuyant la répression franquiste, que sous le régime d’extrême droite dirigé par le maréchal Pétain (1940-1944), il a été utilisé pour interner l’ensemble des étrangers et étrangères jugé·es « indésirables » (communistes, anarchistes, antifascistes, Juifs et Juives…) et qu’à partir de 1942, il a servi de camp de transit pour les Juifs et Juives arrêté·es afin d’être déporté·es vers le camp d’extermination de Dachau ou celui d’Auschwitz.

L’immense majorité des résistant·es incluaient dans leur action une critique du gouvernement français de Vichy qu’ils/elles considéraient comme illégitime. A contrario, les partisan·es de ce gouvernement (dont certains descendants ont fondé le FN en 1972, rappelons-le au passage) considéraient l’action des résistant·es comme « anti-patriotique » ; comme quoi le patriotisme est une notion ambiguë qui peut être interprétée de différentes manières selon les valeurs morales et politiques auxquelles on se réfère et qui n’est pas forcément synonyme de liberté, d’égalité et de fraternité !

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