Le 14 juillet est à la fois une commémoration révolutionnaire et la célébration d’une prétendue « unité nationale ».

Il renvoie d’une part à la prise de la Bastille de 1789 (symbole de la lutte contre l’arbitraire et du début de la Révolution française) et d’autre part à la Fête de la Fédération de 1790 (organisée pour tenter de réconcilier le roi et les citoyens dans l’espoir d’instaurer une monarchie constitutionnelle).
En 1880, lorsque les parlementaires de la IIIᵉ République instituèrent le 14 juillet comme fête nationale, ils choisirent délibérément de faire référence à ces deux événements fondateurs : l’élan révolutionnaire de 1789 et la reprise du mouvement populaire incarnée en 1790 par la Fête de la Fédération.
Pourtant, au fil des décennies, la dimension révolutionnaire du 14 juillet 1789 s’est progressivement estompée des célébrations officielles. Les symboles attachés à la prise de la Bastille (le refus de l’arbitraire, l’affirmation de la souveraineté populaire, le déclenchement de la Révolution française qui conduisit, un mois plus tard, à l’abolition des privilèges de la noblesse et du clergé) semblent désormais relégués au second plan.
Faut-il y voir 😉 le signe que cet héritage révolutionnaire dérange la classe sociale qui a succédé aux élites de l’Ancien Régime et qui, depuis plus de deux siècles, régit notre société avec le soutien des forces politiques qui la représentent ou qui en sont proches ? Dans tous les cas, n’oublions pas qu’aujourd’hui encore des Bastilles restent à prendre, à commencer par celle du Capital !

