
Le 18 octobre, lors de son allocution télévisée totalement crépusculaire , Emmanuel Macron n’a pas eu un mot pour les mains arrachées et les yeux crevés de plusieurs lycéen·nes, pas un mot sur le déchaînement des policiers membres ou sympathisants du RN à l’encontre de nombreux/euses manifestant·es pacifiques.
Par contre, il a inventé une fable complotiste sous-entendant que des « factieux d’ultra-gauche » (sortant d’on ne sait où) se seraient associés à des bandes urbaines pour essayer de renverser l’État. Soit ses services de renseignements sont totalement incompétents, soit le président ment pour manipuler l’opinion publique, soit les deux !
Le lendemain, dans le Var, le préfet a tenu un discours plus mesuré. C’est ainsi qu’il a expliqué que des agents des services de renseignement ayant observé la manifestation toulonnaise du 17 octobre avaient identifié « des éléments d’ultra gauche, certains connus des services, d’autres non connus des services » tout en reconnaissant que rien ne permettait pour l’instant de leur attribuer les violences commises à l’issue de la manif. De son côté, François de Canson, le nouveau président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, s’est démarqué des propos tenus par le préfet en essayant de faire porter la responsabilité des violences aux partis politiques soutenant la mobilisation lycéenne pour de meilleures conditions d’étude et celle des salarié·es contre la vie chère.
Aujourd’hui, il s’agit de poursuivre les mobilisations en cours, de les élargir et de les amplifier, cela de manière sereine, claire et déterminée. Il s’agit aussi, à l’instar de plusieurs dizaines de maires qui déplorent à la fois les dégradations et l’attitude de l’appareil d’État, de souligner la responsabilité du gouvernement dans la situation actuelle. C’est ainsi que le maire de Marseille a demandé des comptes aux forces dites « de l’ordre » et que le maire de Paris a dénoncé la volonté de pourrissement du premier ministre. Ailleurs, des élus locaux ont refusé de s’associer à l’initiative de David Lisnar (président de l’Association des Maires de France) qui appelait ce jour à des rassemblements devant les hôtels de ville en utilisant la terrible image de la mairie de Limoges détruite par un incendie criminel pour relayer la thèse complotiste des « factieux d’ultra-gauche » chère à Renaissance, à LR et au RN.


