Aux origines de Noël : les fêtes païennes liées au solstice d’hiver

sapin-de-Noel-et-soleil_credit-photo-Eric-DussartJadis, les chrétiens ne célébraient pas Noël. Ce n’est qu’à partir du IIe siècle que la date de naissance de Jésus devint une question importante pour l’Église catholique et que des recherches furent entreprises pour déterminer cette date. Plusieurs hypothèses furent formulées car certaines sources évoquaient le 28 mars, d’autres le 19 avril, d’autres encore le 20 mai. Finalement, vers l’an 300, le choix de l’Église se porta sur le 25 décembre, ceci afin de concurrencer (en les christianisant) les rites qui étaient célébrés depuis des siècles autour de cette date et qui étaient très vivaces dans la culture populaire. En effet, bien avant l’apparition du christianisme, l’époque du solstice d’hiver était une période charnière de l’année. Nos ancêtres craignaient les périodes de l’année durant lesquelles la nuit tombe de plus en plus tôt car ils/elles connaissaient l’importance de la lumière du soleil dans la germination des plantes, la croissance des cultures, la reproduction des animaux et par conséquent l’alimentation des êtres humains. Parallèlement, ils/elles avaient observé que la durée du jour recommençait à s’allonger autour du 21 décembre. Dès la Préhistoire, à cette période de l’année, on note donc l’existence de nombreux rites relatifs à la fertilité et à la procréation. Dans l’Antiquité, pour les mêmes raisons, de nombreux peuples fêtaient eux-aussi le solstice d’hiver. Les Celtes faisaient de grands feux pour lutter symboliquement contre les ténèbres et ils/elles invoquaient le dieu Gargan, un bon géant portant une hotte remplie de cadeaux. Chez les Germains, un personnage ambivalent nommé Hellequin faisait la tournée des familles afin de récompenser les enfants sages et de punir les enfants désobéissants. Chez les Vikings, un homme habillé d’une grande cape et censé représenter le dieu Odin visitait les maisons afin de demander si tout allait bien et d’offrir des friandises aux enfants sages. Quant aux Romain·es, ils/elles fêtaient les Saturnales du 17 au 21 décembre en portant des guirlandes autour du cou et en s’offrant toutes sortes de cadeaux ; une fête qui sous l’Empire devint la fête « Sol invictus » (soleil invaincu) dans laquelle l’une des divinités solaires était représentée par un enfant nouveau-né. On voit donc en quoi Noël est fondamentalement une fête de fin d’année et d’espoir en une année nouvelle. D’ailleurs, en langue provençale, Noël ne se dit-il pas Nouvèu *, un mot également employé comme adjectif pour désigner quelque chose de nouveau ! Et n’oublions pas que jadis, en Provence, la soirée de Noël commençait par le Cacho-fiò (littéralement « mettre au feu »), une coutume consistant à allumer de manière rituelle une bûche d’arbre fruitier (poirier, cerisier ou olivier) qui devait ensuite brûler pendant trois jours et trois nuits afin d’annoncer symboliquement le feu du premier soleil de la nouvelle année.

* Pour désigner Noël, la langue provençale, en plus du mot « Nouvèu », utilise aussi aussi le terme « Nadau » qui signifie natal et le terme « Calèndo » qui a pour origine les calendes de janvier durant lesquelles les Romain·es de l’Antiquité fêtaient la nouvelle année. J’en profite pour signaler aux plus gourmand·es d’entre vous que le mot « Calèndo » a donné le mot « calendoun » qui désigne l’une des pâtisseries emblématique de Noël : la bûche !

Le sapin et autres symboles de Noël

Les traditions païennes ont toujours considéré l’arbre comme un symbole de vie. En Occident comme en Orient, certains d’entre eux étaient décorés à plusieurs moments de l’année lors de différentes célébrations. Pour les fêtes du solstice d’hiver, c’était souvent le sapin qui était choisi car sa ramure est l’une des rares à rester verte pendant la saison froide. C’est ainsi que dans la mythologie scandinave le sapin était associé à la vigueur et au renouveau, et que chez les peuples celtes il était lié à la notion d’enfantement. D’autres symboles font partie de l’imagerie païenne de Noël. Citons par exemple le houx (plante aux feuilles vertes et aux fruits rouges qui résiste au froid hivernal), la bûche (qu’on fait brûler dans l’âtre pour se réchauffer), les bougies (dont la lumière permet de voir dans l’obscurité) et les étoiles (qui illuminent la voûte céleste et permettent de s’orienter dans la nuit). On retrouve ce symbolisme dans les couleurs utilisées traditionnellement pour décorer la maison durant le mois de décembre : la couleur dorée (celle de l’astre solaire), la couleur verte (celle du sapin et des feuilles de houx), la couleur rouge (celle des boules de houx, du feu de bois et du sang perçu comme la « sève de la vie »).

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Allez ! Heureux solstice d’hiver, bon bout d’an, à l’an que vèn e longo maï en tóuti !

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