Récit imaginaire sur l’oppidum celto-ligure de la Courtine (Ollioules)

Télo est brune, vive et de petite taille. Elle fait partie du peuple celto-ligure des Salyens et plus précisément de la tribu des Camatulliques. Ce soir, elle a ressenti le besoin de marcher un peu et de s’isoler. Alors, au lieu d’aller remplir sa cruche à l’un des deux puits situés dans l’enceinte du village, Télo a préféré utiliser celui qui a été foré à l’extérieur, juste derrière le côté est du mur d’enceinte, entre l’une des deux carrières du village et le bastion du levant. Si elle avait pu, elle serait descendue en bas de la colline, sur le versant ouest ; là où coule une source dont l’eau, toujours abondante, se jette ensuite dans la Reppe ; là où elle est née douze ans plus tôt ; là où sa mère l’a prénommée Télo en hommage à la déesse celto-ligure des sources. Mais le village se trouve au sommet d’une colline à 885 pieds d’altitude. Quant au sentier le plus court menant à la source, il est escarpé, rocailleux et envahi de ronces. Télo a beau être agile et vigoureuse […] Continuer de lire Récit imaginaire sur l’oppidum celto-ligure de la Courtine (Ollioules)

Aux origines de Noël : les fêtes païennes liées au solstice d’hiver

Jadis, les chrétiens ne célébraient pas Noël. Ce n’est qu’à partir du IIe siècle que la date de naissance de Jésus devint une question importante pour l’Église catholique et que des recherches furent entreprises pour déterminer cette date. Plusieurs hypothèses furent formulées car certaines sources évoquaient le 28 mars, d’autres le 19 avril, d’autres encore le 20 mai. Finalement, vers l’an 300, le choix de l’Église se porta sur le 25 décembre, ceci afin de concurrencer (en les christianisant) les rites qui étaient célébrés depuis des siècles autour de cette date et qui étaient très vivaces dans la culture populaire. En effet, bien avant l’apparition du christianisme, l’époque du solstice d’hiver était une période charnière de l’année. Nos ancêtres craignaient les périodes de l’année durant lesquelles la nuit tombe de plus en plus tôt car ils/elles connaissaient l’importance de la lumière du soleil dans la germination des plantes, la croissance des cultures, la reproduction des animaux et par conséquent l’alimentation des êtres humains. Parallèlement, ils/elles avaient observé que la durée du jour recommençait à s’allonger autour du 21 décembre. Continuer de lire Aux origines de Noël : les fêtes païennes liées au solstice d’hiver

Restauration : le guide « Le Bouche à Oreille » dénonce la loufoque mention « Fait maison »

Dans sa rubrique « L’os et l’arête » de novembre 2021, « Le Bouche à Oreille » (guide de restaurants du Sud-Est provençal) épingle les restaurateurs qui détournent la législation du « fait maison », les organisations patronales de la restauration qui sont satisfaites de cette législation ainsi que la complicité de l’État et celle du lobby industriel agro-alimentaire. Chose peu courante dans un guide destiné aux consommateurs/trices, l’auteur n’oublie pas de soutenir les salarié·es de la restauration en rappelant le montant indécent de leurs salaires ! Continuer de lire Restauration : le guide « Le Bouche à Oreille » dénonce la loufoque mention « Fait maison »

Projection le 27/11 au Pradet du documentaire « Pot de thé, pot de fer » (sur la lutte des ex-salarié-es de l’usine FRALIB de Gémenos)

Samedi 27 novembre à 17h30 dans les serres de l’association « Rayons de sourires », 757 avenue Ganzin au Pradet (cf. le grand portail avec l’arrosoir géant), l’UCL-Toulon organise la projection du documentaire « Pot de thé, pot de fer » réalisé en 2011 par Claude Hirsh. Ce film raconte les débuts de la lutte menée par les salarié·es de l’usine FRALIB de Gémenos (à 10 km de Marseille et 45 km de Toulon) contre la menace de fermeture de leur entreprise pour cause de délocalisation. Extrait du synopsis officiel : « Ils parlent de leurs conditions de travail, de leur révolte contre le patron et le capitalisme, de leur lutte pour continuer à travailler ici, maintenant, collectivement, pour eux, pour leurs enfants. Ils s’interrogent. Ils résistent. Ils s’affirment ». La projection (entrée à prix libre) sera suivie d’un apéro-débat puis d’un repas partagé. Continuer de lire Projection le 27/11 au Pradet du documentaire « Pot de thé, pot de fer » (sur la lutte des ex-salarié-es de l’usine FRALIB de Gémenos)

Noms en provençal des 153 communes du Var (dont Ollioules) et de leurs habitant·e·s

Le site « Les Carnets du Revest » a mis en ligne un tableau présentant les noms en provençal des 153 communes du Var ainsi que les gentilés et sobriquets des gens qui y vivent. Je profite de l’occasion pour publier ici la photo d’un des panneaux bilingues placés à plusieurs des entrées d’Ollioules (Ouliéulo en graphie mistralienne, Oliulas en graphie classique), la belle petite cité provençale (la bèla pichòta cuitat provençala) dans laquelle je vis. Continuer de lire Noms en provençal des 153 communes du Var (dont Ollioules) et de leurs habitant·e·s

Gaston Beltrame (1932-1989) : instituteur, chanteur, historien, conteur, comédien, militant occitaniste, écologiste et libertaire

Dans les années 1970, en lien avec des collègues membres de l’association « Les amis de l’École émancipée », l’instituteur ollioulais Gaston Beltrame apprend le provençal, écrit des chansons qu’il interprète avec le groupe Ventadour dans de nombreuses villes de Provence et sort plusieurs disques vinyle : Beltrame, L’ome chin, Lei gents d’Occitania, 12 cançons per Gaspard de Bessa, Nos laissem pus umiliar, etc. À la même époque, il écrit des pièces de théâtre en occitan et en français (L’ome chin, Gaspard, La tortue blanca, Mort de rire, Ulisse est de retour, La cité aux mains nues, Le dernier mouton, Le coup d’État de 51, Martin Bidouret, Les filles de la Mandragore, La conque de brume, Complaintes et légendes de par ici, Mes adolescences, Complaintes pour François Villon) et participe en tant que comédien aux représentations. Féru d’histoire locale, Gaston Beltrame a écrit plusieurs ouvrages, résultats de ses recherches historiques mais aussi contes nés de son imagination : Au temps de la reine Jeanne, La cité qui naquit deux fois, Les seigneurs d’Ollioules, Chroniques et histoire d’Ollioules, Ollioules d’hier et d’aujourd’hui. En 1983, il a participé à une émission de radio consacrée au brigandage dans la région de Toulon durant le XVIIIe siècle. En 1984, pour l’association « Les amis de La Seyne ancienne et moderne », il a tenu une conférence sur Gaspard de Besse, le robin des bois provençal. En 1987, à l’Espace Comedia de Toulon, il a animé une série de soirées cabaret ayant pour titres Toulon-canaille, Toulon-Chicago, Toulon-La Pigne et Toulon-Tartane. Continuer de lire Gaston Beltrame (1932-1989) : instituteur, chanteur, historien, conteur, comédien, militant occitaniste, écologiste et libertaire

Le site archéologique d’Olbia-en-Provence

Située à Hyères-les-Palmiers sur un léger promontoire en bord de mer, le site archéologique d’Olbia-en-Provence est l’unique témoin, conservé dans l’intégralité de son plan, d’un réseau de colonies-forteresses fondées en 325 avant notre ère par la cité phocéenne de Massalia (l’actuelle Marseille). Depuis quelques semaines, le site dispose d’un nouvel aménagement permettant de mieux circuler autour des vestiges, de mieux comprendre l’architecture du site et son évolution (de la période grecque à la période romaine), de mieux imaginer le mode de vie de ses habitant·es. Continuer de lire Le site archéologique d’Olbia-en-Provence

Petite vidéo du rassemblement « Pèr que viscon nòsti lengo » organisé à Toulon

Le 29 mai 2021 a eu lieu à Toulon un rassemblement dans le cadre de la mobilisation « Pour que vivent nos langues » destinée à contester la politique linguicide du ministre de l’Éducation nationale et la décision du Conseil constitutionnel de juger anticonstitutionnel l’enseignement par immersion des langues régionales. Pour la vidéo que j’ai réalisée à cette occasion, j’ai choisi de mettre en exergue l’une des chansons interprétées en provençal par les manifestant·es. Il s’agit de « L’estaca », une chanson écrite à l’origine en catalan par Lluís Llach pendant la dictature du général espagnol Francisco Franco, puis devenue un symbole universel de lutte pour la liberté. La chanson est construite à partir d’une métaphore – celle d’un pieu (estaca en catalan) auxquels les êtres humains sont attachés et qu’il s’agit de faire tomber en tirant sur une corde – et à partir du dialogue entre le narrateur et un grand-père. Plusieurs idées sont mises en avant : la nécessité de s’unir pour être plus fort, les efforts et la persévérance que requièrent toute lutte, l’importance de transmettre le flambeau aux jeunes générations. Continuer de lire Petite vidéo du rassemblement « Pèr que viscon nòsti lengo » organisé à Toulon

Mémoire sociale : de Radio Martin Bidouré (1979-1986)… à l’insurrection varoise de 1851 !

J’ai découvert récemment qu’une radio libre toulonnaise avait porté le nom de Martin Bidouré, figure emblématique de la résistance varoise au coup d’État de 1851. Ayant moi-même été animateur d’une émission de radio dans les années 1980-1990  (cf. « La voix sans maître » à Lille), l’histoire de Radio Martin Bidouré ne pouvait que m’intéresser ! Parallèlement, la découverte de RMB m’a permis d’apprendre des choses sur l’histoire du Var (département dans lequel je vis depuis le 7 juillet 2020) et plus précisément sur la résistance varoise au coup d’État de 1851. Continuer de lire Mémoire sociale : de Radio Martin Bidouré (1979-1986)… à l’insurrection varoise de 1851 !

Gaspard de Besse, le « Mandrin » ou « Robin-des-Bois » provençal

Gaspard Bouis, dit Gaspard de Besse, est un brigand né à Besse-sur-Issole (Var) le 9 février 1757. Il a vécu et opéré dans les massifs de la Sainte-Baume, des Maures, de l’Étoile, de l’Esterel ainsi que dans les Gorges d’Ollioules et du Destel (à deux pas de chez moi). Ne dépouillant que les nobles et riches marchands de passage, redistribuant aux populations locales les plus pauvres une partie des biens qu’il dérobait et n’ayant jamais tué ni blessé personne, il était aimé du peuple. Arrêté en septembre 1780 dans une auberge à La Valette-du-Var, il est transféré à Aix-en-Provence pour y être jugé. Son procès dure un an. Lors d’une de ses prises de parole, il déclare que « les deux fléaux de la Provence sont le mistral et le Parlement ». Condamné au supplice de la roue, il meurt devant une foule émue le 25 octobre 1781 à l’âge de 24 ans. Continuer de lire Gaspard de Besse, le « Mandrin » ou « Robin-des-Bois » provençal