Gaston Beltrame, une personnalité ollioulaise

Gaston-BeltrameGaston Beltrame naît à Ollioules (département du Var) en 1932 et y meurt en 1989.

De 1959 à 1987, il exerce la profession d’instituteur dans cette commune et fait participer activement ses élèves à leurs apprentissages en s’inspirant des techniques préconisées par Célestin Freinet et l’Institut coopératif de l’École moderne. Durant toute sa carrière, il est syndiqué au SNI, syndicat à l’intérieur duquel il soutient d’abord le courant U&A (proche du PCF) puis, après 1968, le courant École émancipée (vieux courant héritier de la CGT anarcho-syndicaliste d’avant 1914, adepte d’un syndicalisme de lutte, anticapitaliste, autogestionnaire et porteur d’un projet éducatif fondée sur l’expression libre des enfants, le tâtonnement expérimental, la coopération, etc.).

Sur le plan politique, il est d’abord militant PCF (de 1961 à 1967), puis militant occitaniste et écologiste de sensibilité libertaire (de 1969 jusqu’au milieu des années 1980), puis militant des Verts (de la fin des années 1980 jusqu’à sa mort). Les gens qui ont connu Gaston Beltrame dans le cadre de son activité politique le décrivent comme un personnage passionné et passionnant. Témoignage de Christian Bercovici (conseiller municipal d’opposition à Ollioules et militant PCF) publié sur ledebatteur.fr : << Lors des réunions communes, dans la salle de la Justice de Paix, avec socialistes, communistes, écologistes il était fréquent que les murs tremblent sous les coups de gueules de Gaston. Car entre lui et moi, et quelques autres, ça faisait toujours de fortes discussions, des remue-méninges passionnés et tonitruants, alors qu’on était très souvent d’accord sur l’essentiel. Combien de fois de sa voix de stentor ne nous a-t-il pas envoyés au diable avec ses « Tu me fais ch… ! ». Mais c’était dit avec tellement de cœur, de conviction et d’amitié, on va dire ! Et puis entre militants ! Donc j’en garde un souvenir prégnant et ému, c’est encore gravé, c’est très présent… Gaston c’était un personnage, voilà ! Il craignait dégun, comme on dit ici >>.

De 1957 à 1984, féru d’histoire locale, Gaston Beltrame écrit plusieurs ouvrages, résultats de ses recherches historiques mais aussi contes nés de son imagination : Au temps de la reine Jeanne, La cité qui naquit deux fois, Les seigneurs d’Ollioules, Chroniques et histoire d’Ollioules, Ollioules d’hier et d’aujourd’hui. En 1983, il participe à une émission de radio consacrée au brigandage dans la région de Toulon durant le XVIIIe siècle. En 1984, pour l’association « Les amis de La Seyne ancienne et moderne », il tient une conférence sur Gaspard de Besse (le robin des bois provençal). En 1988, dans le cadre de plusieurs autres conférences, il parle de la vie quotidienne des habitant·es du sud-ouest varois pendant la Révolution française.

Dans les années 1970, en lien avec des collègues membres de l’association « Les amis de l’École émancipée », il apprend le provençal, écrit des chansons qu’il interprète avec le groupe Ventadour dans de nombreuses villes de Provence et sort plusieurs disques vinyle : Beltrame, L’ome chin, Lei gents d’Occitania, 12 cançons per Gaspard de Bessa, Nos laissem pus umiliar, etc.

À la même époque, il écrit des pièces de théâtre en occitan et en français (L’ome chin, Gaspard, La tortue blanca, Mort de rire, Ulisse est de retour, La cité aux mains nues, Le dernier mouton, Le coup d’État de 51, Martin Bidouret, Les filles de la Mandragore, La conque de brume, Complaintes et légendes de par ici, Mes adolescences, Complaintes pour François Villon) et participe en tant que comédien aux représentations.

De 1977 à 1981, il anime des journées « Provence vivante » à l’espace culturel Châteauvallon d’Ollioules.

En 1984, il réalise une petite compilation d’écrits évoquant la ville d’Ollioules au fil des siècles. Dans cette publication intitulée Et ils contèrent Ollioules, on trouve des textes de George Sand, de Victor Hugo, d’Arthur Young et de poètes régionaux dont Gaston lui-même.

En 1987, à l’espace Comedia de Toulon, il anime une série de soirées cabaret ayant pour titres Toulon-canaille, Toulon-Chicago, Toulon-La Pigne et Toulon-Tartane. À ce sujet, voir ci-dessous l’extrait d’une vieille émission télévisé de FR3 dans laquelle Gaston parle de ces soirées…

En 1990 et 1994 à Ollioules, des journées (chansons, poésies, théâtre) sont organisées en sa mémoire. En 2013, un CD de quatorze chansons intitulé « Gaston Beltrame au présent » est édité par l’association « Les amis de Gaston ».

Aujourd’hui, l’œuvre de Gaston Beltrame est malheureusement difficile d’accès. Ses livres, poèmes et pièces de théâtre n’ont jamais été réédités. Ses chansons sont peu reprises par les artistes locaux. Et si certains de ses disques vinyles sont parfois disponibles en occasion sur internet, le CD réédité en 2013 est quant à lui devenu introuvable. Au vu de ce qu’elle a apporté à Ollioules et à la culture occitane, espérons que l’œuvre de Gaston sortira bientôt de l’oubli dans lequel elle est en train de sombrer !

Sources  :

> Site officiel de Gaston Beltrame
> Discographie de Gaston Beltrame
> Trois chansons de Gaston sur SoundCloud
> Entretien avec un ollioulais qui a bien connu Gaston
> Notice du Dictionnaire du mouvement ouvrier seynois

PS : En rédigeant cet article, certains aspects de la personnalité, de l’engagement et de l’œuvre de Gaston Beltrame m’ont fait penser à mon regretté ami Ghislain Gouwy, le « barde flamand ».

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