Quand le vent du large chante l’égalité

En 2012 à La Seyne-sur-Mer, le groupe Largada (vent du large) a sorti un disque intitulé « De saga e de susor » (de légende et de sueur). Ce CD de chants occitans (créations et collectages) a pour thème le rapport au travail. Comme l’écrit la revue Aquò d’Aquí, le thème central du disque est « souvent traité au passé » ; quoi de plus logique pour une cité qui souffre de la fermeture de ses chantiers navals et dont les vignes ont été remplacés par des villas ! Parmi les chants présents sur le CD, il y en a un que je connais depuis quelques années et dont j’apprécie les paroles et la mélodie. Il s’agit de « Egalitat », un texte écrit et mis en musique par G. Beltrame à la fin des années 1970. Continuer de lire Quand le vent du large chante l’égalité

Récit imaginaire sur l’oppidum celto-ligure de la Courtine (Ollioules)

Télo est brune, vive et de petite taille. Elle fait partie du peuple celto-ligure des Salyens et plus précisément de la tribu des Camatulliques. Ce soir, elle a ressenti le besoin de marcher un peu et de s’isoler. Alors, au lieu d’aller remplir sa cruche à l’un des deux puits situés dans l’enceinte du village, Télo a préféré utiliser celui qui a été foré à l’extérieur, juste derrière le côté est du mur d’enceinte, entre l’une des deux carrières du village et le bastion du levant. Si elle avait pu, elle serait descendue en bas de la colline, sur le versant ouest ; là où coule une source dont l’eau, toujours abondante, se jette ensuite dans la Reppe ; là où elle est née douze ans plus tôt ; là où sa mère l’a prénommée Télo en hommage à la déesse celto-ligure des sources. Mais le village se trouve au sommet d’une colline à 885 pieds d’altitude. Quant au sentier le plus court menant à la source, il est escarpé, rocailleux et envahi de ronces. Télo a beau être agile et vigoureuse […] Continuer de lire Récit imaginaire sur l’oppidum celto-ligure de la Courtine (Ollioules)

Aux origines de Noël : les fêtes païennes liées au solstice d’hiver

Jadis, les chrétiens ne célébraient pas Noël. Ce n’est qu’à partir du IIe siècle que la date de naissance de Jésus devint une question importante pour l’Église catholique et que des recherches furent entreprises pour déterminer cette date. Plusieurs hypothèses furent formulées car certaines sources évoquaient le 28 mars, d’autres le 19 avril, d’autres encore le 20 mai. Finalement, vers l’an 300, le choix de l’Église se porta sur le 25 décembre, ceci afin de concurrencer (en les christianisant) les rites qui étaient célébrés depuis des siècles autour de cette date et qui étaient très vivaces dans la culture populaire. En effet, bien avant l’apparition du christianisme, l’époque du solstice d’hiver était une période charnière de l’année. Nos ancêtres craignaient les périodes de l’année durant lesquelles la nuit tombe de plus en plus tôt car ils/elles connaissaient l’importance de la lumière du soleil dans la germination des plantes, la croissance des cultures, la reproduction des animaux et par conséquent l’alimentation des êtres humains. Parallèlement, ils/elles avaient observé que la durée du jour recommençait à s’allonger autour du 21 décembre. Continuer de lire Aux origines de Noël : les fêtes païennes liées au solstice d’hiver

Noms en provençal des 153 communes du Var (dont Ollioules) et de leurs habitant·e·s

Le site « Les Carnets du Revest » a mis en ligne un tableau présentant les noms en provençal des 153 communes du Var ainsi que les gentilés et sobriquets des gens qui y vivent. Je profite de l’occasion pour publier ici la photo d’un des panneaux bilingues placés à plusieurs des entrées d’Ollioules (Ouliéulo en graphie mistralienne, Oliulas en graphie classique), la belle petite cité provençale (la bèla pichòta cuitat provençala) dans laquelle je vis. Continuer de lire Noms en provençal des 153 communes du Var (dont Ollioules) et de leurs habitant·e·s

« Ay Carmela ! » le 26 novembre à Toulon

Vendredi 26 novembre à 20h45 à l’espace COMEDIA de Toulon, Lionel Sautet et la compagnie « Les funambules » présentent une adaptation de « Ay Carmela ! », pièce de théâtre de J. Sanchis Sinisterra. Extrait de la présentation officielle du spectacle : Espagne, 1938, zone nationaliste. Paulino traîne dans un théâtre vide. Le fantôme de Carmela vient réveiller leurs connivences et leurs désillusions. Flash-back. Carmela et Paulino, artistes ambulants capturés par les troupes franquistes, doivent improviser un spectacle de variété en l’honneur de l’armée fasciste. Dans la salle, la fine fleur de la croisade nationaliste, en armes, mais aussi quelques-uns de leurs prisonniers, jeunes volontaires des Brigades internationales. Continuer de lire « Ay Carmela ! » le 26 novembre à Toulon

Gaston Beltrame (1932-1989) : instituteur, chanteur, historien, conteur, comédien, militant occitaniste, écologiste et libertaire

Dans les années 1970, en lien avec des collègues membres de l’association « Les amis de l’École émancipée », l’instituteur ollioulais Gaston Beltrame apprend le provençal, écrit des chansons qu’il interprète avec le groupe Ventadour dans de nombreuses villes de Provence et sort plusieurs disques vinyle : Beltrame, L’ome chin, Lei gents d’Occitania, 12 cançons per Gaspard de Bessa, Nos laissem pus umiliar, etc. À la même époque, il écrit des pièces de théâtre en occitan et en français (L’ome chin, Gaspard, La tortue blanca, Mort de rire, Ulisse est de retour, La cité aux mains nues, Le dernier mouton, Le coup d’État de 51, Martin Bidouret, Les filles de la Mandragore, La conque de brume, Complaintes et légendes de par ici, Mes adolescences, Complaintes pour François Villon) et participe en tant que comédien aux représentations. Féru d’histoire locale, Gaston Beltrame a écrit plusieurs ouvrages, résultats de ses recherches historiques mais aussi contes nés de son imagination : Au temps de la reine Jeanne, La cité qui naquit deux fois, Les seigneurs d’Ollioules, Chroniques et histoire d’Ollioules, Ollioules d’hier et d’aujourd’hui. En 1983, il a participé à une émission de radio consacrée au brigandage dans la région de Toulon durant le XVIIIe siècle. En 1984, pour l’association « Les amis de La Seyne ancienne et moderne », il a tenu une conférence sur Gaspard de Besse, le robin des bois provençal. En 1987, à l’Espace Comedia de Toulon, il a animé une série de soirées cabaret ayant pour titres Toulon-canaille, Toulon-Chicago, Toulon-La Pigne et Toulon-Tartane. Continuer de lire Gaston Beltrame (1932-1989) : instituteur, chanteur, historien, conteur, comédien, militant occitaniste, écologiste et libertaire

Petite vidéo du rassemblement « Pèr que viscon nòsti lengo » organisé à Toulon

Le 29 mai 2021 a eu lieu à Toulon un rassemblement dans le cadre de la mobilisation « Pour que vivent nos langues » destinée à contester la politique linguicide du ministre de l’Éducation nationale et la décision du Conseil constitutionnel de juger anticonstitutionnel l’enseignement par immersion des langues régionales. Pour la vidéo que j’ai réalisée à cette occasion, j’ai choisi de mettre en exergue l’une des chansons interprétées en provençal par les manifestant·es. Il s’agit de « L’estaca », une chanson écrite à l’origine en catalan par Lluís Llach pendant la dictature du général espagnol Francisco Franco, puis devenue un symbole universel de lutte pour la liberté. La chanson est construite à partir d’une métaphore – celle d’un pieu (estaca en catalan) auxquels les êtres humains sont attachés et qu’il s’agit de faire tomber en tirant sur une corde – et à partir du dialogue entre le narrateur et un grand-père. Plusieurs idées sont mises en avant : la nécessité de s’unir pour être plus fort, les efforts et la persévérance que requièrent toute lutte, l’importance de transmettre le flambeau aux jeunes générations. Continuer de lire Petite vidéo du rassemblement « Pèr que viscon nòsti lengo » organisé à Toulon

Pour que vivent nos langues, le 29 mai, mobilisons-nous !

En réaction à la décision du Conseil Constitutionnel de juger anticonstitutionnel l’enseignement par immersion des langues dites régionales et l’utilisation des signes diacritiques dans les actes d’état civil, le collectif « Pour que vivent nos langues » organise des rassemblements samedi 29 mai dans une soixantaine de villes de l’Hexagone. Oui à la diversité linguistique ! Continuer de lire Pour que vivent nos langues, le 29 mai, mobilisons-nous !

Le Génie de la navigation

La statue « Le Génie de la navigation » a été érigée en 1847 à Toulon sur le carré du port. Cette sculpture de bronze réalisée par l’artiste toulonnais Louis-Joseph Daumas est une allégorie de l’exploration maritime. Elle a la particularité d’avoir les fesses dénudées, de faire face à la mer et donc de montrer son postérieur à la ville… ce qui lui vaut le surnom de « Cul-vers-ville », jeu de mot inventé par les toulonnais·es pour se moquer de Jules de Cuverville, commandant en chef – de 1895 à 1897 – de l’escadre de la Méditerranée basée à Toulon. Continuer de lire Le Génie de la navigation