Itinéraire militant

maman Eric papa et Nanou en 1966
Moi en 1966 entouré de ma mère (Ginette Dauvillaire) et de mon père (Jacques Dussart), deux « belles » personnes dont les idées progressistes, la fibre écologique et le profond humanisme ont baigné mon enfance
Eric et pépère Charles
Moi, en 1966, avec pépère Charles, mon grand-père paternel, amateur de pêche à la ligne (d’où la photo) et ancien militant de l’Union anarchiste (UA), sans le souvenir duquel je n’aurai probablement pas suivi la même voie
mémère Ferdinande en 1986
Mémère Ferdinande qui a su me transmettre l’histoire du groupe anarchiste d’Onnaing dans lequel mon grand-père paternel a milité de 1922 à 1939

J’ai commencé à militer en 1977 à Valenciennes en tant qu’adhérent isolé à la Fédération anarchiste (FA) puis en participant à la création d’un groupe communiste libertaire affilié à cette organisation.

Non syndiqué à l’époque, mais proche par tradition familiale du courant anarcho-syndicaliste, j’ai soutenu activement la lutte des sidérurgistes d’Usinor-Denain. Pour en savoir plus sur cette période, lire le texte que j’ai publié quelques années plus tard dans une brochure intitulée « Le hasard et la nécessité » (compilation de différents témoignages ayant pour thème les débuts de l’engagement militant).

Ci-dessous l’extrait d’un courrier qu’un ami de mon grand-père paternel a envoyé en 1982 à ma grand-mère :

extrait d'un courrier envoyé à ma grand-mère paternelle

Nota bene : À propos du mot « rêve » utilisé dans le courrier reproduit ci-dessus, il fait peut-être écho à Loin du rêve, une chanson de Charles d’Avray que mon grand-père aimait beaucoup.

Ci-dessous deux des communiqués publiés à cette époque dans l’édition valenciennoise de La Voix du Nord :

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La première fois que je me suis syndiqué, c’est en 1980 lorsque je suis arrivé à Lille pour faire une formation à l’IUT Carrières sociales. Le syndicat CNT santé-social-éducation auquel j’ai adhéré existait depuis 1979 mais ne regroupait qu’une quinzaine de personnes. Un autre syndicat CNT existait aussi à Lille mais ses adhérents étaient encore moins nombreux.

En 1983, faute de militants actifs, ces deux syndicats CNT se sont mis en sommeil et je suis resté non syndiqué jusqu’en 1988, à l’exception – lorsque je suis devenu instituteur – d’une expérience de quelques semaines au sein du SGEN-CFDT et d’une autre d’environ un an au sein de L’École émancipée, une tendance syndicaliste révolutionnaire présente à l’intérieur de la FEN (organisation dont sont issues l’UNSA éducation et les syndicats éducation de la FSU).

De 1982 à 1997, j’ai milité au sein du groupe FA de Lille et j’ai participé à l’animation de La voix sans maître (émission diffusée tous les vendredis sur Radio Campus).

eric-en-1989-devant-ccl-de-lille-fivesEn 1987, j’ai participé à la création du centre culturel libertaire Benoît Broutchoux (implanté alors à Lille-Fives dans une annexe de mon ancien domicile) et j’ai contribué à la vie de cette association jusqu’à mon déménagement à Hem en 1997.

eric-megaphone-1992En 1989, à l’issue d’une grève reconductible menée contre un projet de réforme dans l’éducation, j’ai participé à un groupe de réflexion sur la création éventuelle d’un syndicat alternatif de l’éducation dans le département du Nord. S’inscrivant dans une démarche interprofessionnelle, ce groupe de réflexion a d’abord pris des contacts avec des syndicats autonomes et de combat comme le syndicat de lutte des travailleurs (SLT) d’Usinor-Dunkerque et le syndicat autogestionnaire des travailleurs (SAT) du centre de tri postal de Lyon, cela pour savoir si une unification de ces syndicats autonomes et de combat était envisageable à court ou moyen terme. Puis d’autres pistes ont été creusées, notamment celle d’une adhésion à la CNT ou celle de la création d’un syndicat SUD éducation (pour info, à cette époque, SUD n’existait que dans le secteur des PTT). Les avantages et inconvénients de ces deux possibilités ont été listés et, finalement, le choix de relancer la CNT à Lille a été fait, tout d’abord dans l’éducation, puis dans le secteur santé-social, puis quelques années plus tard (en 1994 et 1995) dans d’autres secteurs professionnels. Pour un éclairage plus complet sur cette période, lire le texte de réflexion en vue de la création d’un syndicat SUD ou CNT dans l’éducation écrit et diffusé à Lille en 1989 par des membres de la coordination des personnels de l’éducation contre le plan Jospin ainsi que l’entretien que j’ai accordé en 2008 à Grégory Chambat et que les éditions CNT-RP ont publié dans un livre intitulé « École, une révolution nécessaire / Entretiens avec des militants CNT de la Fédération des Travailleurs de l’Education ».

De 1990 à 1992, j’ai hébergé chez moi à Lille Dagoberto Segovia, un réfugié politique salvadorien membre du cercle littéraire Xibalbá (l’un des groupes les plus importants de l’histoire littéraire du Salvador et l’un des plus touchés pendant la guerre civile).

couv_BD_Les-aventures-epatantes-et-veridiques-de-Benoit-BroutchouxEn 1993, j’ai été à l’initiative de la ré-édition de la bande dessinée consacrée à Benoît Broutchoux (anarcho-syndicaliste de la CGT, véritable héros populaire dans le bassin minier du Pas-de-Calais au début des années 1900). À cette occasion et par la suite, j’ai maintes fois interprété a capella la chanson La java de Benoît Broutchoux.

Ci-dessous une photo prise en 2000 et une vidéo tournée en 2010 :

banderole-intersyndicale-lille-mars-2000-avec-eric-dussart-de-la-cnt

Au printemps 2017, après 40 ans de militantisme (dont 31 à la CNT), je me suis posé la question d’adhérer à la Confédération nationale des travailleurs – Solidarité ouvrière mais, ne connaissant personne pour participer à l’implantation de cette organisation dans la région Nord Pas-de-Calais, j’ai décidé de rejoindre SUD éducation, une organisation membre de l’Union syndicale Solidaires dont j’apprécie depuis longtemps les orientations anti-hiérarchiques et avec laquelle j’ai souvent pratiqué l’unité d’action dans le cadre des luttes. Cette décision s’est imposée à moi du fait de l’évolution de la CNT sur le plan confédéral (développement de courants contraires à ma conception du syndicalisme révolutionnaire) et en raison aussi de la quasi inactivité depuis plusieurs années du syndicat CNT éducation 59/62. À la fin du mois de mai, j’ai démissionné avec beaucoup de tristesse du mandat confédéral que j’avais au sein du secteur vidéo CNT et de son site Caméra au poing. Quelques jours plus tard, j’ai rendu les clés de la Maison des syndicats CNT de Lille, remis  les différents mandats que j’avais au sein de l’union régionale interprofessionnelle (gestion du site internet, des listes de diffusion, de la page facebook, etc.) et souhaité bonne continuation à mes camarades cénétistes lillois (avec lesquel·les j’ai gardé d’excellentes relations). Le 1er juin, SUD éducation 59/62 ayant décidé de se départementaliser, j’ai participé au congrès fondateur de la branche nordiste de ce syndicat.

Eric-Dussart-dans-le-local-de-SUD-education-Nord-a-Lille-en-juin-2019-photo-redecoupeeEntre septembre 2017 et juillet 2020, malgré quelques ennuis de santé, je me suis investi de plusieurs façons  : tenue de la permanence du syndicat une journée par semaine pendant un an, participation à l’une des listes présentées par le syndicat aux élections professionnelles de 2019, diffusion de tracts dans les écoles de Villeneuve d’Ascq et Mons-en-Barœul, réalisation de vidéos pour le syndicat et pour Solidaires 59, participation aux réunions, aux manifs, aux grèves, etc.

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En septembre 2020, suite mon départ à la retraite et à mon déménagement dans le Var, j’ai adhéré à l’Union syndicale Solidaires 83.

Eric-Dussart-17-09-2020-Toulon-manif-CGT-FSU-Solidaires

logo de l'UCL (Union communiste libertaire)En janvier 2021, sur un plan spécifiquement politique, je me suis rapproché du groupe toulonnais de l’Union communiste libertaire (sans toutefois adhérer à cette organisation de manière formelle).

autocollant-rond-oc-provenceEn septembre de la même année, j’ai adhéré à une association de l’aire toulonnaise qui se bat pour l’apprentissage, la défense et la promotion de la langue occitane dans toute sa diversité (provençal, nissart, vivaro-alpin, languedocien, limousin, auvergnat, gascon, etc.).

logo-de-VISAEn janvier 2025, j’ai adhéré à Vigilance et initiatives syndicales antifascistes (VISA), une association composée de plus de 300 structures syndicales (principalement des syndicats, des unions départementales et des fédérations de la CGT, de Solidaires et de la FSU, mais aussi le Syndicat de la magistrature, le Syndicat des avocats de France et des syndicats CFDT, CNT, CNT-SO, FO et UNSA).

En avril 2025, j’ai adhéré au Partit Occitan (mouvement de gauche, régionaliste et écologiste) et je participe à à ce titre au groupe de travail citoyen qui s’est mis en place à Ollioules (Var) pour préparer les élections municipales de 2026 dans la continuité de la liste Alternative de la gauche et des écologistes présentée en 2020.

lutte-petitConjointement aux engagements énumérés ci-dessus, j’agis régulièrement (comme je l’ai toujours fait) dans les domaines de l’écologie, du féminisme, de la solidarité internationale, de l’antiracisme, des pédagogies coopératives, de l’anticléricalisme, du soutien à l’agriculture paysanne, etc.

À lire aussi :
> Origine de mon nom de famille et arbre généalogique
> Biographie militante de mon grand-père paternel

3 réflexions sur “Itinéraire militant

  1. Le 10 août 2024, j’ai reçu ici un commentaire mettant en cause l’identité même de l’une des organisations citées dans mon article. Je n’ai pas publié ce commentaire car, quels que soient les désaccords que je peux avoir avec cette organisation, je rejette toute forme de purisme idéologique. La critique est nécessaire à la réflexion. Mais quand elle est empreinte de sectarisme et de dogmatisme, elle n’a pas sa place sur mon blog.

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