« Libertat » : un magnifique chant de lutte, véritable cri d’amour pour la liberté

« Libertat » est une chanson révolutionnaire écrite en occitan (dans sa variante provençale et marseillaise). Elle se range clairement dans le camp des « meurt-de-faim », de « ceux qui n’ont pas de chemise », « des sans-pain, des sans-lit, des gueux qui vont sans souliers ». D’après les historiens, elle fait référence à la « Commune de Marseille », mouvement insurrectionnel, socialiste et fédéraliste réprimé dans le sang par un général « versaillais » le 5 avril 1871. Les paroles sont publiées pour la première fois en 1892 dans « La Sartan » (journal marseillais entièrement rédigé en langue d’oc) sous le titre « Cançon de nèrvi » (pour info, le mot nèrvi a trois sens possibles : nerf, vigueur ou voyou). Elles sont dédiées à l’instituteur, écrivain, historien et socialiste proudhonien Pèire Bertas. Le texte est signé J. Clozel, nom qui selon le site « Remenbrança » serait le pseudonyme du poète et critique d’art Joachim Gasquet. Plusieurs dizaines d’années après, le texte publié par « La Sartan » est exhumé par le journaliste, chercheur et écrivain marseillais Claude Barsotti. En 2010, il est mis en musique par Manu Théron de la « Compagnie Lamparo ». En 2012, la chanson, interprétée a capella, figure sur l’album « Marcha ! » du groupe marseillais de polyphonies masculines « Lo Còr de la Plana ». Depuis cette date, elle est reprise régulièrement par différents artistes professionnels ainsi que par de nombreuses chorales militantes. Viva la libertat ! Viva la Comuna de Marselha ! Viva lei revolucions socialas dau monde ! Continuer de lire « Libertat » : un magnifique chant de lutte, véritable cri d’amour pour la liberté

Hommage à Graeme Allwright

Dimanche 16 février 2020, la protest-song à la française a perdu l’un de ses plus magnifiques auteurs-compositeurs-interprètes : Graeme Allwright ! Comme beaucoup de gens de ma génération, la première chanson de cet artiste franco-néozélandais à m’avoir profondément ému s’intitulait « Petit Garçon » et j’aime aujourd’hui encore écouter ses « clochettes tintinnabuler ». Ensuite, quand j’étais mono, il y eut « Sacrée bouteille » et « Il faut que je m’en aille ». Un peu plus tard, ce sont « Jusqu’à la ceinture », « Petites boites »,  « Qu’as-tu appris à l’école ? » et « Le jour de clarté » qui ont accompagné ma prise de conscience politique contre les guerres et le capitalisme , et mon engagement syndical dans le cadre de la lutte des classes. J’ai beaucoup hésité avant de mettre en exergue la chanson ci-dessous. Pourquoi celle-là plutôt qu’une autre ? Peut-être parce qu’en ces jours de crise sanitaire et de confinement, « il faut mes frères » – aujourd’hui plus que jamais – « préparer le jour de clarté »…. Continuer de lire Hommage à Graeme Allwright

Solidarity forever !

La musique de cette chanson est adaptée d’un vieil air folk nord-américain dont les variantes les plus connues sont le chant anti-esclavagiste John Brown’s Body ou l’hymne patriotique The Battle Hymn of the Republic. Quant aux paroles, elles ont été écrites en 1915 par Ralph Chaplin, un syndicaliste révolutionnaire membre des IWW (Industrial Workers of the World). Certains passages ont un peu vieilli (comme dans beaucoup de chansons révolutionnaires de cette époque) mais le refrain (celui chanté par le chœur dans la version présentée ci-dessus) reste d’une actualité brûlante : Solidarité à jamais (Solidarity forever) pour que le syndicat (for the union) nous rende plus fort·e·s (makes us strong) ! Un refrain qui – à l’aube de cette année nouvelle – sonne partout dans le monde comme un appel à s’organiser et à lutter… Continuer de lire Solidarity forever !