Hommage aux maquisards du plateau de Siou-Blanc (6 juin 1944 – 20 juin 1944)

01 - La bergerie de Siou-Blanc (crédit photo Eric Dussart)Il y a quelques mois, lors d’une randonnée sur le plateau de Siou-Blanc (lire note ci-dessous), mes pas m’ont mené jusqu’à une vieille bergerie abandonnée (voir photo ci-contre).

02 - plaque sur la bergerie de Siou-Blanc en hommage aux résistants fusillés(crédit photo Eric Dussart)Une plaque apposée sur la façade (voir photo ci-contre) m’a interpelé en tant que militant de la Coordination varoise contre l’extrême-droite. En effet, dans son histoire, ce jas (mot provençal désignant une bergerie) n’a pas accueilli que des moutons et des bergers. Le 6 juin 1944, suite au débarquement des troupes alliées en Normandie, il a servi de point de ralliement à plus de 400 résistants anti-nazis de la région toulonnaise, mobilisés en prévision du débarquement des troupes alliées sur la côte varoise. Ce débarquement tardant à venir (il n’aura finalement lieu que le 15 août), le maquis du plateau de Siou-Blanc devint difficile à tenir à cause du manque d’eau et parce que l’armée allemande avait repéré sa présence. Le 16 juin, le Comité départemental de libération du Var donna l’ordre de dissolution du maquis. La grande majorité des résistants put descendre du plateau sans encombre. Malheureusement, huit maquisards toulonnais des FUJ (Forces unies de la jeunesse) furent interceptés par les nazis et fusillés le lendemain au fond d’un vallon situé près du château de La Rouvière (commune du Castellet). Et trois jours plus tard, deux autres jeunes maquisards furent tués dans les bois de Méounes.

Aujourd’hui comme hier, en France comme partout ailleurs, solidarité avec les victimes de l’extrême-droite !

Léon Gaultier l'un des fondateurs du FNEt rappelons-nous qu’en France un parti tel que le FN (aujourd’hui devenu RN) a été fondé, entre autres, par des fascistes tels que Léon Gaultier (ancien membre de la Waffen-SS), Pierre Bousquet (ancien de la division SS Charlemagne) et Emmanuel Allot dit François Brigneau (ancien membre de la Milice condamné après la guerre pour collaboration avec les nazis). Et plus récemment, rappelons-nous les déclarations d’Eric Zemmour concernant le maréchal Pétain (chef du régime autoritaire, xénophobe, antisémite et collaborationniste en vigueur en France pendant la Seconde Guerre mondiale – cf. régime de Vichy).

Notes :
1) Siou-Blanc (mot d’origine provençale signifiant « cimes blanches ») est un immense plateau calcaire troué de profonds avens, couvert de garrigues et de bois, hérissé de hautes aiguilles rocheuses. Ce plateau est situé sur les communes de Solliès-Toucas, Belgentier, Le Beausset et Signes, entre le massif de la Sainte-Baume (au nord) et les Monts toulonnais (au sud).
2) Les corps de ces huit maquisards ne furent retrouvés que le 18 septembre.
3) Liste des dix maquisards de Siou-Blanc tués par les soldats de l’Allemagne nazie : Pierre ABRAINI (21 ans, traceur sur tôles, Toulon) – Jean CARPE (19 ans, mécanicien, Toulon) – Georges DELAGE (20 ans, manœuvre, Toulon) – Jean FIET (une vingtaine d’années, Toulon) – Pierre GIANNOLI (19 ans, Toulon) – Jacques GUERRINI (18 ans, ouvrier miroitier, Toulon) – Roger LEVINE (Toulon) – Roger SEGHETTI (24 ans, Toulon) – Roger LOUIS (18 ans, Fréjus) – X (non identifié)

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« Le chant des partisans »
d’Anna Marly, Maurice Druon et Joseph Kessel
(version interprétée en 1995 par Catherine Ribeiro)

« La complainte du partisan »
d’Anna Marly et Emmanuel d’Astier de La Vigerie
(version interprétée en 1969 par Leonard Cohen)

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LO CANT DEI PARTISANS

(traduction en occitan provençal du texte de Druon et Kessel)

Amic, l’auses lo vòu negre dei cropatàs sus nòstrei plans ?
Amic, l’auses lei cris sordas dau pais qu’encadenan ?
Èu ! partisans, obriers e paisans, es l’alarma !
De sera l’enemic conoisserà lo pretz dau sang e dei lagremas

Montatz de la mina e calatz de còlas, cambaradas
Sortètz de la palha lei fusius, la mitralha, lei granadas
Èu ! lei tuaire ‘mé bala e ‘mé cotèu, tuatz lèu
Èu ! sabotaire, mèfi a ton fais, dinamita

Es nosautres que rompèm lei barrons dei presons
per nòstrei fraires
L’òdi darrier nosautres e la fam que nos empenh, la misèria…
I a dei pais onte lei gents dòrmon en pantaiant
Aici, nosautres, veja ! nosautres marchan,
nosautres tuan e crèban

Aici, cadun saup ço que vòu çò que fa quand passa
Amic, se tombes, un amic sòrt de l’ombra a ta plaça
Deman, de sang negre secarà en plen soleu sur lei rotas
Siblatz, companhons ! Dins la nuech la libertat nos escota

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